
OUF ! LES ABONNÉS de Canal + sont contents et la direction des sports de la chaîne avec. C’est le message que cette dernière, contactée, a daigné relayer. Pour le reste, le mécanisme de programmation des affiches, les critères de choix d’un match et un premier bilan de la saison, c’est silence radio. La raison ? Un pseudo-secret industriel : à dix journées de la fin d’un Championnat haletant, la chaîne cryptée fourbit ses armes. Et ne veut pas dévoiler sa politique de programmation,qui, de toute façon, ne devrait guère concerner Caen, Lorient ou Nice. Ni Grenoble ni Sochaux, autres équipes jamais diffusées cette saison par Canal. Avantage aux nantis. La 29e journée n’échappe pas à cette règle : le week-end dernier, Orange a diffusé Marseille face à Nantes, Canal +, PSG - Toulouse. La sélection ne se discute pas, cette saison, en tout cas, le fameux PLM (Paris-Lyon-Marseille) cher à Frédéric Thiriez trustant les premières places. Sur les 29 rencontres retransmises par Canal, vingt-deux ont au moins concerné Lyon, Marseille ou Paris (75,8 %). Il est de bon ton de moquer les affiches en bois d’Orange. Pourtant, quatorze d’entre elles ont été dédiées à PLM (48,2 %), offrant une couverture plus large des clubs de L 1 (seul Le Havre n’a pas été diffusé). Sans que la qualité du spectacle n’en pâtisse. La moyenne de buts des affiches télévisées par Orange (2,4/match) est supérieure à celle sur l’ensemble des matches (2,2/match) de L 1 : « Notre premier match entre Rennes et Marseille (4-4) avait été un bon présage avec huit buts », sourit Laurent Lachand, réalisateur pour la chaîne Orange Sport.
Canal a le premier choix
Orange demeure dépendant du choix de Canal, qui, l’an dernier, a retransmis 25 fois l’OM et 24 fois Lyon. La chaîne cryptée a en effet acquis les lots Premium 1 et 2 : soit les dix plus belles affiches et les vingt-huit autres matches le dimanche soir. En un mot, Orange fait ses courses une fois que Canal a pioché dans le calendrier. D’où des affiches un peu moins ronflantes du type Saint-Etienne - Lorient, Lille-Sochaux ou Nancy-Nice : « Ce ne sont pas des matches par défaut. Même si on avait le droit de ne diffuser que PLM, on ne le ferait pas. On se doit de couvrir tout le territoire », jure Pierre Robert, directeur des chaînes sport chez Orange. Le contexte sportif peut influer également dans le choix des affiches : un Le Mans - Nice (2-2) n’a pas la même saveur à la 6e journée– les deux clubs figuraient aux 5e et 6e places – qu’aujourd’hui, les Manceaux luttant pour le maintien. Un constat qui ne s’était pas vérifié l’an dernier : Paris, 16e de L 1, et Lens, 18e, avaient été respectivement retransmis à 20 et 16 reprises.
Les chaînes doivent aussi prendre en compte les desiderata de la Ligue, soucieuse de juguler le nombre de retransmissions qui conditionnent la répartition des recettes télévisées : Orange ne peut ainsi diffuser plus de sept fois la même équipe, Canal + douze fois. En règle générale, la programmation est établie trois semaines avant la journée concernée « et de façon collégiale. Toute la rédaction des sports échange pour savoir quelle affiche on retient, insiste Pierre Robert. Et c’est toujours une approche pragmatique, on ne se positionne pas pour faire plaisir à tel ou tel club, on n’est pas non plus des pronostiqueurs, on ne peut pas savoir quel match va produire le plus de buts. Nos déceptions, c’est quand il y a 0-0, pas quand on retransmet Le Mans, Nice ou Toulouse ». Des clubs qui attendent avec impatience les multiplex des deux dernières journées sur Canal +. Ils auront alors la certitude de passer à la télévision. Canal + ne peut pas le cacher, il en a acquis les droits lors de l’appel d’offres l’an dernier.
Source : L'Equipe papier du 22 Mars
ORANGE SPORT va suspendre son offre ! La Chaîne est-elle menacée ?![]() Les possibilités sont infinies. Même l'arret de la chaîne. Xavier Couture, le patron des contenus d'Orange, n'a fermé aucune porte concernant l'avenir d'Orange Sport. Sous la menace d'une décision de justice, l'opérateur a en tout cas décidé de renoncer temporairement à la commercialisation de sa chaine payante créée en aout 2008 et spécialisée dans le sport, notamment dans le foot. Entre le 24 et le 31 Mars minimum, il sera impossible de s'y abonner. Une amende quotidienne En cause : les conditions de vente imposées par Orange. Car pour profiter de cette nouvelle venue sur le marché du football, qui s'est notamment offert le match du samedi soir de la Ligue 1 jusqu'en 2012 pour 203 M€, le téléspectateur doit obligatoirement bénéficier de l'abonnement triple play d'Orange (télévision, ordinateur, téléphone). "Illégal" assurent ses concurents Free et SFR qui ont porté plainte pour "vente liée". Le tribunal leur a donné raison, avant le 24 mars, la chaine doit être disponilble sans avoir à prendre l'abonnement triple play d'Orange sous peine d'une amende de 50 000€ par jour de retard. L'opérateur qui a fait appel espère le délibéré final fin avril. Tous les projets suspendus et la CAN menacée ! D'ici là, Orange a demandé qu'on suspende l'exécution du jugement. Dans l'attente de la réponse prévue le 31 Mars, le groupe n'a pas voulu prendre de risque. Résultats : toutes les acquisitions de droits sportifs ont été stopées net. Les abonnés devront se passer de la Coupe UEFA, de la Bundesliga et à terme de Roland Garros. Quant à la Coupe d'Afrique des Nantions, sa diffusion est également menacée. Finie la Ligue 1 ? Les enjeux sont importants. L'avenir de Orange Sport, dont le nombre exact d'abonnés est tenu secret, est directement menacé. Car le groupe ne conçoit pas un autre mode de commercialisation. Acheter des droits pour les rendre disponibles à tous, celà ne fonctionne pas estime Orange. Autre conséquence, si le jugement devait être confirmé, Orange pourrait remettre en cause son contrat avec la LFP. Frédéric Thiriez peut prier... |
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