Il y a dix ans, le Tour de France était secoué par l'affaire Festina. Chaque année, on nous promet un Tour propre. Finalement, qu'est-ce qu'un Tour propre ? Un Tour où aucun coureur n'est contrôlé positif et que malgré tout certains tricheurs se cachent dans le peloton ? Ou bien un Tour où les tricheurs sont pris par la patrouille et exclus ? Sport TV a souhaité se poser la question du dopage, qui représente un grand danger pour le cyclisme, et un grand danger pour le sport.
Le problème du dopage
On s'en souvient tous... L'affaire Festina, l'affaire "Oil for Drug", l'affaire Puerto, etc. Elles ont toutes sali et décrédbilisé le cyclisme. Elles ont toutes marqué l'histoire d'un sport qui souffre en permanence de ce fléau. Elles ont toutes mis en doute la performance de sportifs qui sont passés du rang de héros à celui de tricheurs. Les plus grands champions ont été pris par la partouille, citons la récente affaire Tom Boonen, interdit de Tour de France en dernière minute.
Et le plus dur à accepter reste les suspicions. En effet, des doutes sérieux sont émis sur des coureurs qui ont fait ou qui font partie du peloton, et qui ont été mis, par erreur, sur le devant de la scène. Certes, on ne peut juger sans preuve, mais les constats sont là. Pour prendre des exemples récents, Alejandro Valverde, Damiano Cunego ou encore Stefan Schumacher, s'ils n'ont jamais été officiellement contrôlé positifs, sont impliqués dans des affaires de dopage et non des moindres.Trois contrôles positifs en une semaine dans le Tour 2008
Organisé cette année par ASO et par la FFC (Fédération Française de Cyclisme), on nous annonçait un Tour on ne peut plus propre. Assisté par l'AFLD (Assocation Française de Lutte contre le Dopage), les organisateurs sont, quand à eux, satisfaient des résultats. Les tricheurs du peloton sont en effet traqués et exclus. En une semaine, trois affaires de dopages ont éclaté dans le Tour de France : Manuel Beltran, contrôlé positif après la première étape, Moises Duenas Nevado et Riccardo Ricco, positifs à l'issue du contre-la-montre de Cholet.
Pour Duenas Nevado, le coureur de la Barloworld, le problème est encore plus grave. La police a en effet retrouvé dans sa chambre d'hotêl des produits illicites ainsi que du matériel nécessaire aux transfusions (seringues etc...). A l'heure où nous vous écrivons ces lignes, il semblerait que Riccardo Ricco cachait lui aussi des produits dopants dans sa chambre.
Ces trois contrôles positifs sont surprenants sur deux points. Le premier, c'est le fait que ces coureurs, jeunes ou expérimentés, se soient dopés à l'EPO, substance très facile à repérer dans les contrôles anti-dopage. Le second, c'est que les coureurs n'avaient pas brillé (loin de là) durant les étapes auxquelles ils avaient triché (25ème place pour Beltran lors de la première étape, 82ème place pour Duenas Nevado et 115ème pour Ricco lors de la quatrième étape).
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Si les contrôles de Beltran et de Duenas Nevado ont fait du bruit, l'annonce de celui de Riccardo Ricco a, lui, fait l'effet d'une bombe ! Hier matin, à 10 minutes de prendre le départ, le grimpeur italien et toute son équipe apprend la nouvelle. Ricco est évidemment exclu du Tour de France et son équipe, la Saunier Duval, décide de se retirer.
Retour en arrière. Mardi dernier, Cholet accueillait le premier contre-la-montre du Tour 2008. Ricco, qui n'aime pas franchement ce type d'exercice, est contrôlé positif au terme de cette étape. Il finit pourtant... 115ème, à 3'36" du vainqueur ! Quel intérêt de tricher, alors ? D'être bien placé ? C'est raté ! De limiter la casse avant la montagne ? Peut-être...
D'autres annonces dans les prochains jours ?
Deux jours plus tard, à Super-Besse, dans la première étape difficile de cette Grande Boucle, le "Cobra", comme il est surnommé en Italie, suit les meilleurs jusqu'à l'arrivée, et règle même Evans et Valverde au sprint, remportant ainsi sa première victoire d'étape, et se révélant au public français.
Mais le très arrogant grimpeur italien n'en a pas terminé ! Dimanche dernier, dans l'étape de Bagnères-de-Bigorre, Ricco place une attaque terrible et "surprenante" dans le Col d'Aspin, déposant tout le monde sur son passage, même les bons grimpeurs. Il éjecte tout le monde et s'en va remporter seul la première étape de montagne du Tour. A l'arrivée, certains coureurs doutent.
Deux étapes où il a donc impressionné, et deux étapes où ils pourraient une nouvelle fois se faire épingler ! Réponse dans les prochains jours,
avec des annonces qui pourraient en surprendre plus d'un !Et la Saunier Duval dans l'histoire ?
Outre les deux victoires d'étapes de Ricco, la Saunier Duval a également impressionné dans l'étape de lundi, en finissant premier et deuxième avec respectivement Piepoli et Cobo Acebo. Leonardo Piepoli qui a pour réputation d'être un bon grimpeur, mais aussi d'avoir été contrôlé positif sans être plus ou moins sanctionné.
Nous rappellerons aussi que David De la Fuente, autre grimpeur de l'équipe, était deuxième au classement de la montagne derrière... Ricco ! Si Riccardo Ricco n'a été pour l'instant le seul coureur de l'équipe à être épinglé, il pourrait bien être rejoint par un ou deux de ses coéquipiers dans les prochains jours.
Pourquoi l'EPO ?
Avec les contrôles de Beltran, Duenas Nevado et Ricco, l'EPO "troisième génération" revient à la mode. L'EPO (erythropoïétine) est produit dopant qui a les particularités de stimuler la production de globules rouges et de diminuer le nombre de globules blancs. Ainsi, il permet d'augmenter le volume de l'oxygène et il diminue les défenses immunitaires.
L'EPO est détectable depuis 2000 dans les contrôles anti-dopage, et on en serait à la troisième génération de ce produit illicite. Il y a en effet eu la "dynepo", plus difficilement détectable (ex : Michael Rasmussen l'année dernière), et désormais la CERA, qu'a donc utilisé Riccardo Ricco.
Prendre conscience du problème et du danger
Si le fléau qu'est le dopage est en diminution chaque année, des grands champions se font constamment épinglés. Parmi les principales affaires de 2007 par exemple, on retrouve Moreni, Petacchi, Basso ou encore Landis.
Mais, outre le problème de la triche, les coureurs, les entraîneurs et les docteurs doivent désormais prendre conscience qu'il y a également un risque de santé, et que les cyclistes ne doivent pas mettre leur vie en jeu.
Sport TV souhaitait émettre un message fort dans la lutte contre le dopage, s'associe bien entendu à la AFLD et espère ne plus voir de tricheurs dans le peloton.
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